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Pourquoi l’absorption de la vitamine E est-t’elle si variable?

24/12/2014 | Etudes Compléments alimentaires et Etudes Anti-âge

 

La variabilité génétique qui module la biodisponibilité de la vitamine E peut-elle expliquer l’hétérogénéité des effets biologiques observés suite à la supplémentation en vitamine E ?
Nutrition Clinique et Métabolisme Volume 28, Supplement 1, December 2014, Pages S52       C. Desmarchelier

La vitamine E est un micronutriment lipidique essentiel pour la santé humaine. Sa consommation et sa concentration circulante ont toutes deux été associées avec un risque moindre de développer des maladies cardiovasculaires et certains cancers. Cependant, les résultats des essais randomisés contrôlés visant à étudier les effets de la supplémentation en vitamine E sur l’incidence de ces pathologies sont mitigés. Cela pourrait s’expliquer par la variabilité interindividuelle élevée de la biodisponibilité de la vitamine E (comprise entre 10 et 79 %) qui est due, en partie, à des variants génétiques dans des gènes impliqués dans le métabolisme de la vitamine E et des lipides. Dans cette étude, nous avons cherché à caractériser la variabilité interindividuelle de la biodisponibilité de la vitamine E, à évaluer son association avec le statut sanguin de la vitamine E à long terme, et à identifier des polymorphismes mononucléo-tidiques (SNPs) impliqués dans ce phénomène.

Matériel et méthodes

Trente huit hommes adultes en bonne santé ont été génotypés à l’aide de puces à ADN génome entier. Ils ont consommé un repas contenant un supplément en vitamine E (134 mg d’a-tocophéryl acétate) et leur concentration plasmatique en a-tocophérol dans les chylomicrons a été mesurée à intervalles de temps réguliers jusqu’à 8h après le repas. L’association entre des SNPs dans des gènes impliqués dans le métabolisme de la vitamine E et des lipides (59 gènes candidats représentant 4475 SNPs) et la réponse postprandiale en a-tocophérol dans les chylomicrons a été analysée par régression des moindres carrés partiels (PLS regression), une approche statistique multivariée.

Résultats et Analyse statistique

La réponse postprandiale en a-tocophérol dans les chylomicrons des 38 sujets présentait une forte variabilité (CV = 81 %). Cette réponse était significativement et positivement corrélée à la concentration plasmatique à jeun en a-tocophérol (r = 0,5, p = 0,004). Nous avons identifié un modèle validé (p = 1,8 x 10−8), comportant 28 SNPs dans 11 gènes (ABCA1, ABCG1, APOB, BET1, IRS1, LIPC, NAT2, PNLIP, SLC10A2, SREBF2, ZNF664) qui permettait d’expliquer 82 % de la variance de cette réponse et permettait de prédire précisément l’absorption en vitamine E de nos sujets (Spearman Rho = 0,85 entre la réponse mesurée et la réponse prédite en vitamine E). Pour chacun de ces SNPs, les sujets possédant des génotypes différents présentaient une réponse postprandiale en a-tocophérol dans les chylomicrons significativement différente (p-value corrigée

< 0,05).

Conclusion

Le statut sanguin de la vitamine E est associé à sa biodisponibilité, ce qui suggère que celle-ci joue un rôle prépondérant sur ce paramètre. La variabilité de cette biodisponibilité est modulée, au moins en partie, par une combinaison de SNPs dans 11 gènes. Ces données nous permettent de proposer un modèle dans lequel les effets biologiques de la supplémentation en vitamine E dépendent des caractéristiques génétiques des sujets. Ces résultats pourraient avoir des implications significatives dans la conception de futurs essais cliniques de supplémentation en vitamine E.

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